La grippe

Les vaccins contre la grippe sont arrivés, la grippe pointe tout juste le bout de son nez, il est temps de motiver les derniers d’entre vous qui ne se sont pas encore vaccinés!

Pour commencer,  la grippe, qu’est-ce que c’est?

La grippe est une pathologie hivernale induite par le virus de la grippe qui répond au doux nom influenza virus.

« Le » virus est en fait des viri (pluriel de virus en latin). On parle de souches virales que l’on nomme par HxNx. Lors de l’épidémie de grippe, il circule plusieurs viri, dont un ou deux prédominent.

Il existe trois types de virus

  • le type A est le plus dangereux car il peut se modifier de façon importante et radicale. Il engendre, trois ou quatre fois par siècle, une épidémie mondiale ou pandémie ;
  • le type B est le plus fréquent. Il est responsable d’épidémie ;
  • le type C provoque des symptômes proches du rhume. Il n’est pas source d’épidémie.

L’épidémie apparaît classiquement à l’automne, et dure jusqu’au printemps.

On parle d’épidémie de grippe quand les organismes de surveillance (INVS) voient le nombre de patients accéder aux urgences pour des symptômes grippaux dépasser un certain seuil.

On parle de pandémie quand l’épidémie dépasse les frontières du pays, et touche le continent voir le monde.

Bien évidemment, les souches virales changent toutes les années, il n’existe donc pas à ce jour un vaccin qui nous immuniserait pour une longue durée comme le DTPolio (Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite), et le ROR (Rougeole, Oreillons, Rubéole). Plusieurs projets sont en cours pour se soustraire de ce problème.

Donc pour le moment, pour se protéger, il faut se vacciner tous les ans.

Les symptômes classiques de la grippe:

La grippe  se manifeste par un début souvent brutal, avec :

  • une forte fièvre (autour de 39 °) ;
  • une fatigue intense (asthénie) ;
  • des douleurs musculaires (courbatures) et articulaires diffuses ;
  • des maux de tête (céphalées) ;
  • puis une toux sèche.

Tous ces symptômes peuvent se soigner avec du paracétamol (et une bonne dose de vitamine C) ou par du Tamiflu, si il est pris suffisamment tôt (dans les 48 heures suivant les premiers symptômes)

Le problème vient du risque d’atteinte pulmonaire et de décompensation d’une maladie sous-jacente (je définis plus loin les patients à risques)

 

La transmission de la grippe.

La contagiosité du virus de la grippe est très élevée. Elle se transmet principalement par les gouttelettes de salives, lorsque quelqu’un éternue par exemple, ou par des objets souillés par ces gouttelettes.

La période d’incubation, c’est à dire la période pendant laquelle on est porteur du virus mais sans symptômes, est classiquement de 48 heures.

La période de contagiosité – période durant laquelle on peut transmettre le virus – est classiquement de 5 à 7 jours après le début des symptômes.

Pourquoi se vacciner?

Il y a plusieurs façons de répondre:

  1. Tout d’abord, pour éviter de tomber malade! Même pour quelqu’un en bonne santé, avoir la grippe n’est pas une partie de plaisir. On est à plat pendant 15 jours, fiévreux et fébrile, et le seul traitement efficace pour traiter les symptômes reste le paracétamol. Même si un patient vacciné peut contracter la grippe, elle aura toujours une activité moindre, et surtout durera moins longtemps.
  2. Pour éviter de transmettre la grippe. C’est pour cela qu’il est conseillé aux jeunes parents de se vacciner, pour éviter la transmission au nourrisson (situation qui serait beaucoup plus complexe à gérer)
  3. Pour éviter la surinfection. Si la grippe se résumait à -pour raccourcir- un gros rhume, ça ne serait pas un souci! Le problème vient surtout des surinfections pulmonaires qui envoient nombre de patients en réanimation, et entrainent malheureusement trop de décès.

Les patients les plus à risques sont:

  • Les deux extrêmes des âges : les nourrissons et les patients âgés de plus de 65 ans,
  • Les patients ayant une affection pulmonaire (Asthme, BPCO…) ou cardiaque,
  • Les femmes enceintes,
  • Les patients obèses,
  • Les patients diabétiques type 1 et 2,
  • Les patients immunodéprimés au sens large (VIH, patient sous immunosuppresseurs…)

Les nourrissons de moins de 6 mois ne pouvant pas être vaccinés, c’est à l’entourage de le faire pour dresser un barrage au virus autour de l’enfant. (C’est la stratégie du cocooning)

Les risques du vaccin.

Suite à beaucoup de questions de la part de patients, et d’absurdités lues sur la toile, il me semble nécessaire de rappeler une chose ou deux :

  • Un vaccin est un médicament.
  • Un médicament a TOUJOURS  des effets indésirables.
  • S’il existe sur le marché, la balance bénéfice-risque  (c’est à dire le bénéfice que le médicament apporte par rapport à ses risques) est toujours en faveur du médicament.
  • Les effets secondaires sont bénins et peu fréquents. Des réactions au point d’injection de type rougeur ou induration sont possibles, comme un état grippal qui est du à l’activation du système immunitaire.

Le risque allergique:

C’est la seule contre-indication au vaccin: l’allergie aux protéines de l’œuf !

Les viri sont cultivés sur des œufs, donc on ne peut pas faire autrement 🙁

Le syndrome de Guillain Barré:

Vous avez pu lire ou entendre le cas de patients ayant des atteintes neurologiques (syndrome de Guillain Barré) à la suite d’une vaccination. C’est vrai, comme pour tout vaccin, ET toute infection virale!  Cet effet indésirable est heureusement rare.

Ce qui me choque, c’est de jamais avoir entendu parler des cas d’atteintes neurologiques induites par le virus de la grippe lui-même !

Le syndrome de Guillain Barré est une maladie rare dont l’incidence annuelle est d’environ 2,8 cas pour 100.000 habitants par an. On estime, en France, que 1 700 patients sont hospitalisés chaque année pour un Syndrome de Guillain-Barré (induits ou non par une vaccination)

Le Syndrome de Guillain-Barré est plus rare chez l’enfant et l’adolescent que chez l’adulte, et exceptionnel chez le nourrisson.

Après une grippe « naturelle » on retrouve 4 à 7 cas pour 100 000 habitants, soit pour la population française environ 500 cas

Le risque attribué à la vaccination est de 1 sur 1 million de vaccinés (et non plus d’habitants comme précédemment), donc uniquement 1 à 2 cas. (Toute la population française ne se fait pas vacciner)

Donc, en résumé, il y a plus de risques de développer un Syndrome de Guillain-Barré si on ne se fait pas vacciner.

Les bénéfices du vaccin:

Après avoir évoqué les risques, regardons les bénéfices de la vaccination:

  • 56% de prévention de maladies respiratoires.
  • 53% de prévention des pneumonies.
  • 30 à 60% des hospitalisations en moins.
  • 70% de décès en moins.

Ce sont les patients âgés qu’il faut motivé le plus à se faire vacciner, car 95% des décès concernent les plus de 65 ans et 85% o les plus de 75 ans.

Conclusion:

Faites-vous vacciner!

Et surtout motivez les personnes âgées de votre entourage à le faire!

Que les plus âgés le fassent pour eux, et que les plus jeunes le fassent pour les plus âgés ! (et pour eux aussi :))
Pour en savoir plus:

Légifrance

Amélie.fr

ANSM Guillain Barré

Crédit photo : BBC

 

A propos Cédric Boucherat 402 Articles
Docteur en pharmacie Pharmacien adjoint à la pharmacie du Cora DU orthopédie - podologie DU Gérontologie Pharmacie clinique DU Pharmacie clinique oncologique